L’astronome Charles Messier a compilé plus d’une centaine d’objets astronomiques au cours de sa vie sous le nom Catalogue Messier. Découvrons la biographie de ce scientifique français. 

Jeunesse de Charles Messier

Dixième des douze enfants de Nicolas Messier et Françoise B. Grandblaise, Charles vient au monde dans une riche famille française le 26 juin 1730 à Badonviller. Six de ses frères et sœurs ne survivent pas jusqu’à l’âge adulte. En 1741, Nicolas Messier décède, peu de temps après, Charles, en jouant à la maison, tombe par la fenêtre et se casse les os de la cuisse.

Désormais en charge de la famille, Hyacinthe son grand frère de vingt-quatre ans retire Charles de l’école. Pendant les huit années suivantes, le jeune garçon étudie chez lui avec son frère aîné. Après avoir vu à quatorze ans la brillante comète à six queues officiellement désignée comme C/1743 X1, il développe un profond intérêt pour l’astronomie. Puis le 25 juillet 1748, une éclipse solaire annulaire est partiellement visible depuis Badonviller. Trois ans plus tard, le jeune homme a l’occasion de transformer sa passion en métier.

Astronome

Un ami de la famille lui trouve deux opportunités d’emploi à Paris : l’une chez le conservateur d’un palais, l’autre chez un astronome. Après quelques consultations avec des amis, Hyacinthe accepte pour lui le deuxième poste qui offre davantage de perspectives.

Le 23 septembre 1751, Charles Messier quitte donc Badonviller et arrive à Paris le 2 octobre. Grâce à sa belle écriture, ses compétences en orthographe et ses capacités de dessinateur, il travaille en tant que copiste au Collège de France pour l’astronome, Joseph Nicolas Delisle. On lui demande de copier des cartes de Pékin et de la Grande Muraille de Chine. Le secrétaire et assistant de Delisle, Libour lui apprend à utiliser les instruments astronomiques. Puis, Delisle le convainc de l’utilité de mesurer les positions exactes de toutes les observations. La première observation documentée de Charles Messier est celle du transit de Mercure du 6 mai 1753.

Delisle décide d’offrir au dépôt des cartes de la Marine son importante collection de manuscrits et observations astronomiques en échange du titre d’astronome de la Marine et d’une pension annuelle. Messier devient commis de dépôt de la Marine et rejoint l’observatoire maritime de l’Hôtel de Cluny à Paris.

Catalogue Messier

En 1757, Messier se met à la recherche d’une comète dont le retour était prédit par Edmond Halley. Cependant, une erreur dans les calculs de la trajectoire de la comète réalisés par Delisle conduit le malheureux Messier à chercher dans le mauvais endroit du ciel. Le 21 janvier 1759, Messier découvre enfin la comète tant recherchée et continue à l’observer jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans le ciel. Pendant ces années d’observations, il fait les premières découvertes à l’origine de son célèbre catalogue.
En effet, le 28 août 1758, Messier remarque une tache floue dans la constellation du Taureau. Des observations répétées révèlent que cet objet ne bouge pas par rapport aux étoiles de fond et n’est donc pas une comète. Cette nébuleuse deviendra la première entrée de son catalogue (Messier 1 ou M1 également connue sous le nom de nébuleuse du crabe). Le deuxième objet de son catalogue, M2, est une nébuleuse précédemment découverte par un astronome italien.

En 1763, Delisle se retire au monastère Sainte-Geneviève. Charles Messier est libre de faire ses propres recherches, en particulier dans le domaine de la chasse aux comètes, et de continuer à observer librement à l’Observatoire de la Marine. Il décide en mai 1764 de scruter le ciel à la recherche des objets potentiellement déroutants comme la nébuleuse du crabe “pour que les astronomes ne confondent plus ces mêmes nébuleuses avec des comètes commençant à peine à apparaître”. Celle qu’il a découverte en août 1758 sera la première entrée de ce catalogue : Messier 1.

Durant sept mois de l’an 1764, il ajoute 38 objets à son catalogue. La même année, il devient membre de la Royal Society de Londres.

Le furet des comètes

Le scientifique passe tellement de temps à chercher et découvrir des comètes que le roi Louis XV le surnomme le « Furet des Comètes ». Le 8 août 1769, Messier découvre la grande comète de cette année-là, ce qui lui vaudra une grande renommée. L’année suivante, il devient membre de l’Académie des Sciences et épouse Marie-Françoise de Vermauchamp qu’il connaît depuis une quinzaine d’années.

Grâce à sa réputation, il obtient le poste d’astronome de la Marine en 1771. La même année, il publie son Catalogue des nébuleuses et des amas d’étoiles, que l’on découvre parmi les étoiles fixes, sur l’horizon de Paris; observées à l’Observatoire de la Marine dans lequel il identifie 45 objets.

Deuxième catalogue

L’astronome Pierre Méchain l’aide à poursuivre ses observations. Le 18 mars 1781, Charles Messier enregistre neuf nouvelles nébuleuses et commence à inclure certaines découvertes par d’autres astronomes. Cette année-là, il aura identifié en tout cent trois nébuleuses dans son deuxième catalogue. Quarante des objets qui y sont inclus ont été découverts par l’astronome lui-même. Sept objets connus pour avoir été enregistrés par lui ont été ajoutés au catalogue au XXe siècle. La toute dernière entrée est M110, ajoutée en 1967.

Grave accident

William Herschel, astronome et organiste à Bath, en Angleterre, découvre une comète atypique qui est en réalité la planète Uranus le 13 mars 1781. Messier reçoit l’information le 14 avril 1781, un jour après sa dernière session d’observation pour la compilation de son catalogue. Il commence immédiatement à observer la comète et remarque qu’elle a davantage l’aspect d’une planète que d’une comète. Il écrit à William Herschel « il faut continuer à l’observer, car elle n’a rien du caractère usuel des comètes ». 

Mais un terrible accident terrible interrompt son travail. Le 6 novembre 1781, alors qu’il se promène aux « Nouveaux
Jardins Chinois » du parc Monceaux, il remarque une porte dans un mur et entre, pensant qu’il s’agit d’une grotte. Ce n’était pas le cas, il se retrouve à tomber de 7,5 m de haut sur un tas de glace ! Il est blessé à la tête. Son bras et sa cuisse sont cassés, ses deux côtes enfoncées. Il devra attendre un an avant de pouvoir reprendre ses observations.

Au cours de sa carrière, Messier aura découvert quarante nébuleuses et 12 comètes. En récompense, Napoléon décore le scientifique de la Légion d’honneur en 1806. Particulièrement fier de cet honneur, Messier écrit un
mémoire en l’honneur de Napoléon : Sur la grande comète qui a paru à la naissance de
Napoléon Le Grand (c’est-à-dire la grande comète de 1769).

En 1815, il est frappé d’une attaque qui le laisse à moitié paralysé. L’astronome décède le 12 avril 1817 à l’âge de 86 ans.

 

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Sources

https://www.thefamouspeople.com/profiles/charles-messier-496.php

https://pg-astro.fr/grands-astronomes/le-grand-siecle/charles-messier.html

http://messier.obspm.fr/xtra/history/biograph.html

https://bibnum.obspm.fr/exhibits/show/messier/messier_biographie

http://albedo38.free.fr/uploads/Exposes/Messier-Mai_2015-JLM-v2.pdf