Avant que les humains n’aillent dans l’espace, les américains et les soviétiques ont utilisé les animaux pour tester leurs capacités à envoyer un organisme vivant dans l’espace et le ramener sain et sauf.

La chienne Laïka, premier chien astronaute

 

Laika-premier chien astronaute

 

Il y a 60 ans, la chienne russe Laïka fut le premier être vivant placé en orbite, 2 ans avant Youri Gagarine, à bord de la capsule soviétique Spoutnik. Malheureusement, elle décéda au début du voyage, probablement à cause d’un dysfonctionnement du système de régulation thermique qui causa sa déshydratation. La version officielle de sa mort annonça qu’elle avait survécu 4 jours. Elle serait morte d’asphyxie à l’épuisement de ses réserves ou d’un empoisonnement par la nourriture qu’on lui avait préparée pour ne pas souffrir de la chaleur lors du retour sur terre.  En effet, cette mission devait être une mission suicide. La pauvre Laïka devait être empoisonnée par sa nourriture après quelques jours si elle ne se laissait pas mourir de faim. La véritable cause de sa mort ne fut révélée qu’en 2002 par le docteur Dimitri Malachenkov, un des scientifiques ayant participé à la mission Spoutnik 2.

 

 Marfusha, Ham; Félicette… : animaux pionniers de l’espace

 

Marfusha  Animaux astronautes

Marfusha et ses 2 compagnons de voyage

Après elle en 1959, le lapin Marfusha fut également envoyé dans l’espace accompagné de deux chiens. Les 3 compagnons survécurent. L’année suivante, deux grenouilles et douze souris russes ont péri dans l’explosion de leur fusée quelques secondes à peine après le décollage.

En août 1960, l’URSS envoya deux chiennes, un lapin, quarante souris, deux rats et des mouches qui effectuèrent une série de révolutions autour de la Terre. C’est le premier vol orbital dont les passagers reviennent vivants.

Ham, un chimpanzé dans l’espace

 

chimpanzé Ham - singe dans l'espace

chimpanzé Ham

 

En janvier 1961, les Etats-Unis envoient pour la première fois dans l’espace un chimpanzé surnommé Ham, dont le vol définit la trajectoire suivie par le premier Américain dans l’espace, Alan Shepard, un mois après la mission historique de Youri Gagarine du 12 avril 1961. Ham sera par la suite placé au zoo de Washington en 1963. 10 mois plus tard, Enos sera le chimpanzé connu pour être le premier primate non humain à avoir réalisé un vol orbital autour de la Terre le 29 novembre 1961.

 

Félicette, premier chat dans l’espace

 

Félicette - chat de l'espace

carte destinée destinée aux équipes qui ont travaillé sur le projet

 

En 1963, le chat de gouttière Félix est choisi pour un programme visant à améliorer les connaissances en biologie spatiale mais celui-ci aura la bonne idée de s’enfuir. C’est Félicette, une chatte noire et blanche, qui est alors désignée pour le remplacer. Afin d’être conditionnée au vol spatial, elle dut subir auparavant l’immobilisation dans une boîte pendant plusieurs heures où elle était soumise au bruit de la fusée et aux vibrations, des séances en centrifugeuse pour déterminer sa résistance aux hautes accélérations. Elle fut ensuite implantée d’électrodes destinées à recueillir des données physiologiques durant son séjour en apesanteur.  Elle voyagea dans la fusée Véronique, lancée depuis la base d’Hammaguir dans le Sahara Algérien, qui atteignit l’altitude de 156 000 mètres au cours d’un vol de 13 minutes. Le chat atterrit sain et sauf cette fois-là au contraire de son successeur qui lui, périt lors de l’explosion de sa fusée.

En 1968, c’est cette fois-ci un couple de tortues des steppes qui est envoyé par les russes faire un voyage autour de la lune à bord de la sonde Zond 5. Revenues sur terre malgré une perte de 10 % de leur poids, elles étaient restées en bonne santé.

Le programme Bion

De 1973 à 1996, plusieurs pays ont mis en place le programme Bion, une série de missions de satellites scientifiques destinées à étudier les effets dans l’espace des rayonnements et de l’apesanteur sur les êtres vivants. Les 11 satellites lancés emportèrent des animaux et des échantillons de plantes pour des missions de 5 à 20 jours. En 1996, Bion 11 embarqua les deux derniers singes de l’espace jusqu’ici : Lapik et Multik. Multik est mort peu après le débarquement, ce qui posa des problèmes d’éthique. Le programme sera annulé suite à l’arrêt du financement des États-Unis à la suite de campagnes menées par des associations de protection des animaux.

 

capsule Bion-M1

Décollage de la capsule Bion-M1 au sommet d’un lanceur Soyouz le 19 avril dernier depuis Baïkonour. Crédit : Tsenki

Le programme sera repris en avril 2013 par la Russie avec le lancement de la mission Bion M1 avec pour objectif de mieux comprendre les effets d’un voyage spatial sur l’organisme humain, .  Elle emporta des centaines d’organismes vivants (gerbilles, insectes, microbes) dont une quinzaine de souris françaises. 80 expériences ont été effectuées sur les animaux et les plantes.  La plupart des animaux est décédée, principalement en raison de défaillance du matériel, du stress causé par l’apesanteur et du retour.

 

Pour aller plus loin

Deux livres illustrés sur la chienne Laïka :

Des histoires pour tout savoir – Laïka dans l’espace

Laïka, petite chienne née en en 1954, est le premier être vivant mis en orbite autour de la Terre. Envoyée par le programme spatial soviétique en 1957, comment cette chienne, croisement d’un husky et d’un terrier, a-t-elle été préparée à cet extraordinaire voyage? De l’entraînement à l’acclimatation, en passant par la nourriture et les conditions de vol, Patrick Baudry, deuxième astronaute français à être allé dans l’espace et grand spécialiste de l’aéronautique, nous raconte cette incroyable épopée, à la manière d’un récit, superbement illustré.

 

 

Et également :

Laïka – tome 0 – LAIKA

La véritable et poignante histoire du premier être vivant envoyé dans l’espace : la chienne Laïka. Une saga scientifique et historique qui révèle plusieurs histoires : celle de l’ingénieur en chef du programme soviétique, la course à l’Espace entre les USA et l’URSS, et celle de Laïka, bien sûr, chien errant qui n’échappa à l’euthanasie que pour devenir un cobaye sacrifié sur l’autel de la réussite humaine et, au final, un symbole de progrès. Une histoire racontée avec une immense finesse et la plus grande précision historique

Sources

NASA

BION M1