Chute de la station chinoise Tiangong-1

Beaucoup se sont inquiétés de la chute sur la Terre de Tiangong-1, la station spatiale chinoise. Après deux années d’évolution incontrôlée, sa chute  à 2h15 heure de Paris dans la nuit du dimanche 1er avril au lundi 2 avril a heureusement eu lieu sans dommage au dessus du Pacifique sud. 

Tiangong-1 ou le palais Céleste

 

Tiangong-1 lancée sans équipage le 29 septembre 2011 est la première station spatiale développée par l’agence spatiale chinoise CNSA. Son nom signifie « Palais céleste ». Longue de 10,4 mètres et large de 3,3 mètres, soit la taille d’un grand autobus, ses objectifs étaient de « tester la technologie d’amarrage essentielle requise pour une future station spatiale », valider la technique du rendez-vous spatial automatique, mettre au point les composants d’une station spatiale et expérimenter le séjour d’un équipage. Elle est composée d’un laboratoire expérimental et d’un module de service, ainsi que de deux panneaux solaires de 3 mètres sur 7 chacun. Elle pèse 8,5 tonnes ce qui est peu comparé par exemple à la Station Spatiale Internationale (ISS)  qui elle s’étend sur 110 m de longueur, 74 m de largeur et 30 m de hauteur et a une masse d’environ 400 tonnes. Ce Palais céleste a été placé en orbite autour de la Terre.

Lors de la mission inhabitée Shenzhou 8 en novembre 2011, le vaisseau Shenzhou y a effectué un d’essai. En juin 2012, lors de la mission Shenzhou 9, 3 astronautes chinois appelés des taïkonautes (de taikong en chinois, signifiant ‘espace’)  ont occupé la station : Jing Haipeng, Liu Wang et Liu Yang qui devient alors la première femme chinoise à aller dans l’espace.

Lors de leur séjour, ils ont réalisé des expériences à l’intérieur du laboratoire mais n’ont pas effectué de sortie dans l’espace.

 

Les astronautes chinois de Shenzhou-9, Jing Haipeng (au centre) , Liu Wang (à droite) et Liu Yang (à gauche), , première femme chinoise dans l'espace
Les astronautes chinois de Shenzhou-9, Jing Haipeng (au centre) , Liu Wang (à droite) et Liu Yang (à gauche), première femme chinoise dans l’espace

Le 11 juin 2013, un deuxième équipage à bord de Shenzou-10 s’amarre à Tiangong-1. Les taïkonautes Nie Haisheng, Zhang Xiaoguang et Wang Yaping (deuxième chinoise dans l’espace) y séjourneront une dizaine de jours.

La station a surveillé durant cinq ans des phénomènes naturels sur Terre, notamment des feux de brousse en Australie et des inondations en Chine.

 

Station spatiale en perdition

 

chute de Tiangong-1

 

Initialement conçue pour une durée de vie de deux ans, elle a été prolongée de deux ans et demi. Elle devait effectuer une rentrée contrôlée dans l’atmosphère terrestre et retomber au-dessus des eaux du Pacifique sud (ce qu’elle a effectivement fait mais de manière incontrôlée…), mais elle a cessé de fonctionner il y a deux ans.

Le 21 mars 2016 un communiqué de la CNSA informe qu’ « après une phase opérationnelle de 1 630 jours, le premier laboratoire spatial chinois Tiangong-1 a mis fin à son service de communication de données » que la station  va « descendre progressivement dans les mois à venir », « sous surveillance continue et étroite » de la CNSA et qu’à terme, « l’orbiteur va brûler dans l’atmosphère.

En septembre 2016, la deuxième génération de base chinoise Tiangong-2 a été lancée et mis en orbite pour recevoir de nouveaux vaisseaux spatiaux. A cette occasion les scientifiques ont déclaré « le premier laboratoire spatial chinois Tiangong-1 devrait tomber dans l’atmosphère terrestre dans la deuxième moitié de 2017 ». 

En mai 2017, les autorités chinoises indiquent aux Nations Unies que Tiangong-1 avait cessé ses activités le 16 mars 2016, la Chine ayant perdu tout contrôle sur la station. Le système de batterie étant défaillant,  l’engin est à court de carburant.

De nombreux satellites et étages de lanceurs sont également hors de contrôle mais les 8 tonnes de la station spatiale ne leur est pas comparable… Il y avait évidemment un risque de mal tomber et causer des dégâts matériels et humains, d’autant plus si il tombait dans une zone fortement habitée… Mais heureusement, la plus forte probabilité était qu’elle tombe dans l’eau car pour rappel les océans recouvrent 70,71% de notre globe.

La plus grande partie de Tiangong-1 s’est désintégrée lors de son passage dans l’atmosphère. « La plupart des équipements ont été détruits lors de la phase de rentrée dans l’atmosphère », a assuré le CMSEO. Les morceaux restants sont tombés sans faire de dommage dans l’océan. « Le hasard a bien fait les choses«  »Il n’y a pas eu de dégâts, et après beaucoup d’incertitudes, la station est tombée quasiment au même endroit que là où sont envoyés les satellites qui tombent dans l’atmosphère, mais de manière contrôlée » explique Florent Deleflie, astronome à l’Observatoire de Paris à RTL.

 

Cette série Tiangong doit être suivie à l’horizon 2020 par une station spatiale de plus grande envergure, comprenant trois modules de plus de 20 tonnes.

 

 

1 risque sur plus de 1.000 milliards d’être touché par un débris spatial

 

« Peut-être que le cas de cette [station spatiale chinoise] motivera les agences gouvernementales du monde entier à donner plus de moyens aux universitaires et aux instituts de recherche pour comprendre le phénomène de ré-entrée dans l’atmosphère, parce que ce problème se répétera sans aucun doute », estime Moriba Jah, astrodynamicien à l’Université du Texas « Plus nous mettrons de satellites en orbite, plus le risque augmentera. »

Depuis le début des vols spatiaux, il y a eu 6.000 rentrées non contrôlées de gros objets fabriqués par l’homme, principalement des satellites et des étages de fusées selon Stijn Lemmens, un expert de l’ESA. Seule une personne a été touchée sans être blessée.

 

Lottie Williams
Lottie Williams

Le 22 janvier 1997, l’américaine Lottie Williams se promène dans un parc de Tusla aux Etats Unis lorsque, suite à un flash lumineux dans le ciel, elle est frappée à l’épaule par un petit morceau de métal! Pensant avoir trouvé un résidu de météorite, elle décide alors de le montrer aux astronomes. L’objet en question semble en réalité être un morceau de fusée Delta, un modèle de lanceur développé par la Nasa dans les années 1990!

A l’heure où plus de 23 000 débris spatiaux de plus de 10cm (selon l’ESA) sont actuellement en orbite autour de la Terre et 100 millions si on compte les objets de taille microscopique (selon la NASA) « Si nous ne commençons pas à nettoyer les conséquences de nos ambitions spatiales, l’espace pourrait devenir inaccessible à cause de tous les débris qui flottent autour de notre planète »

Sources

Communiqué mai 2017

National Geographic

Liberation

AFP

RTL

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